
Dimanche 30 juillet 1972, Jacky Ickx ne le sait pas encore, mais il s’apprête à remporter la dernière victoire de sa carrière en Formule 1.
Dans la voie des stands, le pilote belge, vêtu de sa combinaison blanche emblématique de la saison 1972, ornée des écussons Ferrari, Heuer et Kent, le regard baissé, semble déjà se projeter sur les 173 virages de l’Enfer Vert. Hatzenbach, Flugplatz, Schwedenkreuz, Fuchsröhre, Adenauer Forst, Bergwerk, Karussell, Pflanzgarten ou encore Schwalbenschwanz… autant de noms mythiques où, à cette époque, il fallait flirter avec la mort.
Ces instants, peu spectaculaires mais d’une incroyable intimité, Bernard Cahier savait les capturer mieux que quiconque. Une fois encore, il ne s’était pas trompé.
Quelques heures plus tard, Jacky Ickx allait signer un véritable récital. Parti en pole position, il mena la course du premier au dernier tour, réalisa le meilleur tour en course et franchit la ligne d’arrivée avec plus d’une minute d’avance sur son coéquipier Clay Regazzoni.
Ce qui frappe avant tout dans cette photographie, c’est la sérénité de Jacky Ickx. Presque méditatif, à quelques minutes seulement de rabattre sa visière et de s’élancer sur les 22,8 kilomètres du Nürburgring. Une image qui résume parfaitement le personnage : un pilote réputé pour son calme, son intelligence de course et la finesse de son pilotage.
Cédric
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